L’héroïque défense de Châteaudun du 18 oct 1870.

Le 18 octobre 1870 marque une phase décisive dans la guerre franco-allemande de 1870-71. Cet événement montre un déchainement de violence sur une ville et sa population jusqu’à incendier près de la moitié de la cité pour avoir résisté à l’envahisseur. Ce qui est arrivé à cette ville n’est pas sans rappeler les exactions allemandes en Belgique de la Première Guerre mondiale  et les exemples d’Oradour-sur-Glane et Maillé lors de la Seconde Guerre mondiale. 

 

En effet, un noyau de francs-tireurs semant la terreur dans les lignes allemandes en Beauce depuis septembre 1870 avaient comme base la ville de Châteaudun. Après plusieurs coups de mains contre les troupes allemandes, le commandement allemand devait placer Châteaudun comme une cible prioritaire.

Le 18 octobre vers 12h00, un corps de 12000 Prussiens et Bavarois équipés d’artillerie, de cavalerie attaquent la cité dunoise avec la ferme intention d’anéantir ces francs-tireurs, surtout les francs-tireurs de Paris sous le commandement du Comte Ernest de Lipowski. Cette unité ayant mis à mal les Prussiens et Bavarois à Ablis le 8 octobre en ayant fait 69 prisonniers !

Ces « hirondelles de la mort » comme les surnommaient les fantassins prussiens et bavarois ont accompagné la volonté de résistance de la population dunoise.

Voici un résumé de cette journée terrible : 

 

« Parmi les faits d’armes qui ont, dans la guerre de 1870, sauvé l’honneur du nom français, il en est peu qui ait soulevé un élan aussi unanime d’admiration que la défense de Châteaudun, ville ouverte, par la garde nationale, par les francs-tireurs de Paris (Lipowski), de Nantes et de Cannes.
Le 18 octobre 1870, un corps de 5,000 Prussiens se présentait devant Châteaudun. Quelques gardes nationaux, une poignée de volontaires, un corps de francs-tireurs, 1, 200 hommes en tout ; occupaient la ville. Lorsque les uhlans de l’avant-garde ennemie se présentèrent, des ouvriers du chemin de fer se jetèrent sur eux, n’ayant pour armes que leurs outils. Puis la ville se couvrit de barricades. De midi à 9 heures du soir, 30 pièces de canon envoyèrent sur la ville leurs obus et leurs boulets. Les murs s’écroulaient, les toits s’effondraient ; les flammes de dix incendies montaient vers le ciel, mais les défenseurs de Châteaudun tenaient toujours. On vit, au milieu de la mitraille, une jeune fille courir de barricade en barricade, porter des munitions aux combattants. Mme Jarrethout cantinière des francs-tireurs de Paris, se fit remarquer par son courage et son dévouement.
Quand les Prussiens eurent tourné les barricades, les nôtres se défendirent rue par rue ; puis enfin, abordant l’ennemi sur la place, ils se précipitèrent sur lui la baïonnette en avant. Mais il fallut céder au nombre, et alors, fièrement, les restes de cette troupe héroïque, protégeant la sortie des habitants, abandonnèrent la ville. Le prince prussien et ses officiers y cherchèrent en vain une maison intacte de l’incendie.
Le Gouvernement de la Défense nationale, voulant rendre hommage à la population et aux héroïques défenseurs de Châteaudun, décréta le 20 octobre 1870 que cette ville avait bien mérité de la patrie.  Mais il importait qu’un pareil souvenir fût encore mieux consacré : c’est pourquoi le maréchal de Mac-Mahon, alors président de la République accorda la décoration de la légion d’honneur, récompense de la bravoure, à la ville de Châteaudun, et, comme le dit le décret du 3 octobre 1877, cette décoration figurera dans les armoiries de la noble cité, posée en chef de l’écu ».

Désiré Lacroix

Aujourd’hui quelques traces de cette journée subsistent à Châteaudun avec deux monuments et un chemin de mémoire depuis 2010. L’association Mémoire et Histoire entreprend de répertorier et de collecter les traces, documents et objets de cette période et de publier un ouvrage de référence.

 

 

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Defence of Chateaudun 18 October 1870

 
The defence of Chateaudun in 1870, during the Loire campaign. This was true “people’s war”, the defence being conducted by the francs-tireurs of Colonel Lipowski, one of the best of the French irregular units, supported by the gardes nationaux, the local militia until the 22th Prussian  inf div (12000 men with artillery). The action was marked by ferocious street fighting, which left a third of the town in ruins.

 

 

défense de Châteaudun, 18 octobre 1870, illustration patriotique.

défense de Châteaudun, 18 octobre 1870, illustration patriotique.

 

Combat sur la place le 18 octobre vers 20h-21h

Combat sur la place le 18 octobre vers 20h-21h

 

Monument commémoratif du 18 octobre 1870 à Châteaudun

Monument commémoratif du 18 octobre 1870 à Châteaudun

 

Premier monument inauguré le 18 octobre 1871 dans le cimetière du Champdé.

Premier monument inauguré le 18 octobre 1871 dans le cimetière du Champdé.

 

COMMEMORATION DU 144eANNIVERSAIRE DE LA DEFENSE DE CHÂTEAUDUN :

 

http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/pays/pays-dunois/2014/10/19/chateaudun-se-souvient-de-la-bataille-de-1870_11187972.html

 

 

Commémoration du 144e anniversaire de la défense de Châteaudun en présence de M. Venot, Maire de Châteaudun et M. Vigier, Député-maire de Cloyes et des autorités militaires. Photo l'écho Dunois

Commémoration du 144e anniversaire de la défense de Châteaudun en présence de M. Venot, Maire de Châteaudun et M. Vigier, Député-maire de Cloyes et des autorités militaires. Photo l’écho Dunois

 

NOUVEL ARTICLE SUR LA DÉFENSE DE LA VILLE

http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/pays/pays-dunois/2015/10/18/retour-sur-la-place-du-18-octobre-a-chateaudun-145-ans-apres-le-drame-qui-lui-a-donne-son-nom_11628834.html

EURE-ET-LOIR > PAYS DUNOIS > CHATEAUDUN 18/10/15 – 08H00

Retour sur la place du 18-Octobre à Châteaudun,

145 ans après le drame qui lui a donné son nom.

En guide expert qui a consacré son mémoire de fin d’études à l’événement, Ludovic Lebreton dévoile des stigmates de la guerre, le long du Chemin de mémoire : « Vous voyez ces deux impacts d’obus sur la fontaine. » - Guillon Thibaut

En guide expert qui a consacré son mémoire de fin d’études à l’événement, Ludovic Lebreton dévoile des stigmates de la guerre, le long du Chemin de mémoire : « Vous voyez ces deux impacts d’obus sur la fontaine. » – Guillon Thibaut

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